Vous avez sûrement déjà connu cette sensation : après deux heures de course ou trois heures de selle, vos jambes pèsent des tonnes, votre esprit s'embrume et une seule pensée vous obsède : "combien de kilomètres reste-t-il?". C'est ce qu'on appelle le fameux "mur" ou la "fringale".
Pour éviter cette 'panne d'essence', les sportifs d'endurance (marathoniens, traileurs, cyclistes) avertis utilisent des gels énergétiques. Mais au milieu du rayon, une famille se démarque, celle des gels antioxydants. Plus qu'un simple concentré de sucre, ils promettent de protéger vos muscles et d'améliorer votre récupération.
Est-ce un simple argument marketing ou un véritable allié? Comment l'utiliser sans finir avec des crampes d'estomac? Dans ce guide, nous allons décortiquer tout ce que la science et le terrain nous disent.
Le b.a.-ba : c'est quoi un gel énergétique?
Notre corps utilise un mélange de graisses et de sucre pour produire de l'énergie et alimenter les muscles. Ce sucre est stocké dans nos muscles et notre foie sous forme de glycogène.
Le problème est que la capacité de ce réservoir de sucre est limitée. Après environ 90 minutes d'effort intense, il est presque vide. Si vous ne remettez pas de carburant, c'est la panne sèche : vos muscles ne peuvent plus maintenir l'intensité.
Un gel énergétique, c'est une dose de sucre concentrée dans 30 à 40 ml de liquide. Son but est simple :
- Maintenir notre glycémie (le taux de sucre dans le sang).
- Éviter de vider nos réserves trop vite pour tenir plus longtemps.
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Nourrir notre cerveau pour garder votre motivation et votre concentration.
La fonction "antioxydante" : pourquoi est-ce si important?
C'est ici que ça devient intéressant. Quand vous courez ou pédalez, vos muscles consomment énormément d'oxygène (jusqu'à 200 fois plus qu'au repos dans vos fibres musculaires actives). Cette consommation massive crée des déchets appelés radicaux libres.
L'analogie de la rouille
Pour bien comprendre, imaginez que l'effort intense fait "rouiller" vos cellules de l'intérieur. C'est le stress oxydatif. À petite dose, cette rouille est utile car elle dit à votre corps : "Hé, on travaille dur, il faut se renforcer!". Mais lors d'un marathon ou d'un trail long, cette rouille devient trop envahissante. Elle attaque les membranes de vos muscles, crée des micro-lésions et accélère la fatigue.

Le rôle du gel antioxydant
Le gel antioxydant contient des molécules (Vitamines C et E, Zinc, Polyphénols) qui agissent comme des agents anti-rouille. Ils neutralisent les radicaux libres avant qu'ils ne fassent trop de dégâts.
Attention toutefois : La science nous dit qu'il ne faut pas prendre trop d'antioxydants chimiques (en gélules très dosées) tous les jours pendant l'entraînement, car cela peut empêcher votre corps de progresser. Mais le jour d'une compétition ou d'une grosse séance, un apport modéré via vos gels est une excellente stratégie pour protéger vos fibres musculaires.
L'absorption : comment le sucre passe dans vos muscles?
Tous les sucres ne se valent pas. Si vous lisez l'étiquette d'un bon gel antioxydant, vous verrez souvent un mélange de glucose (ou maltodextrine) et de fructose.
Les "portes" de votre intestin
Imaginez que votre intestin est une salle avec deux portes d'entrée :
- La porte Glucose (SGLT1) : Elle est étroite. Elle ne laisse passer que 60g de sucre par heure. Si vous en mangez plus, le reste reste dans votre ventre et vous donne mal au coeur.
- La porte Fructose (GLUT5) : C'est une porte dérobée. Elle laisse passer environ 30 à 50g de plus par heure dans le sang et donc dans les muscles.
Les meilleurs gels utilisent un ratio de 1:0.8 (1 dose de glucose pour 0,8 dose de fructose). Ce mélange permet d'absorber jusqu'à 90g voire 100g de sucre par heure sans encombrement à l'entrée. C'est la clé pour performer sur de très longues distances sans troubles digestifs.
Stratégie par sport : quand prendre votre premier gel?
On ne se ravitaille pas de la même façon sur un 10km que sur un ultra-trail. Voici le plan de bataille recommandé par les experts :
Le Marathon (42,195km)
Le marathon est le sport du fameux "mur". Vos réserves s'épuisent vers le 30ème kilomètre si vous ne faites rien.
- Le premier gel : Entre la 45ème et la 60ème minute.
- La suite : Un gel tous les 5 à 7km (soit toutes les 30 à 45 minutes).
- Astuce : Prenez vos gels juste avant un poste de ravitaillement pour pouvoir boire de l'eau immédiatement après.
Le Trail et l'Ultra-Trail
Ici, l'intensité varie avec le dénivelé.
- En montée : Le sang part dans vos cuisses, votre estomac est moins bien irrigué. Évitez les gels très épais en plein milieu d'une bosse raide.
- En descente ou sur le plat : Profitez-en! Les experts conseillent souvent de prendre un gel juste avant une longue descente pour rester lucide (la descente demande beaucoup de concentration pour ne pas tomber).
- Alternance : Sur un trail de plus de 5 heures, alternez entre gels sucrés, barres solides et même du salé pour éviter d'être dégoûté par le goût sucré.
Le Cyclisme
Le vélo permet de manger plus facilement car votre corps ne subit pas les chocs de la course à pied et la respiration y est plus facile.
- Le premier gel : Vers 60 à 90 minutes.
- La suite : Toutes les 45 minutes.
- Complément : Le gel est parfait pour les moments d'intensité (col, attaque). Pour les moments calmes, privilégiez le solide (banane, barre énergétique).
Le Triathlon
Le moment critique est la transition.
- Fin de vélo : Prenez un gel antioxydant 15 minutes avant de poser le vélo. Cela prépare votre corps pour le choc de la course à pied.
- Course à pied : Un gel tous les 30 à 40 minutes pour tenir la distance.
Le cauchemar du sportif : les problèmes gastriques
Vous avez déjà eu des crampes ou dû vous arrêter d'urgence derrière un buisson? Ce n'est pas forcément la faute du gel, mais souvent de la manière dont vous l'avez pris.
L'erreur du manque d'eau
Un gel est un liquide plus ou moins épais. S'il arrive dans votre intestin sans eau, votre corps va "pomper" de l'eau de votre sang vers votre intestin pour le diluer. Résultat : vous vous déshydratez et votre intestin gonfle, ce qui provoque des douleurs.
La solution : Buvez toujours environ 200ml d'eau (environ deux grosses gorgées) avec chaque gel. Mieux si vous utiliser des gels refermables comme ceux de Mulebar, prenez les en 3 prises avec une petite gorgée d'eau à chaque fois. L'apport en sucre est plus linéaire et cela évite 'l'effet yoyo'
L'intensité trop élevée
Si vous courez à 90% de votre fréquence cardiaque maximale, votre système digestif est à l'arrêt. Le sang est dans vos muscles, pas dans votre ventre. Si vous avalez un gel à ce moment-là, il va vous rester sur l'estomac. Attendez un moment plus calme ou ralentissez légèrement pour ingérer votre gel.
L'entraînement de l'intestin : la clé secrète
On entraîne son cœur, ses poumons, ses jambes... mais on oublie souvent d'entraîner son estomac! C'est ce qu'on appelle le Gut Training.
La science a prouvé que si vous habituez votre intestin à manger pendant l'effort, il va fabriquer plus de "portes" (transporteurs de sucre) pour absorber l'énergie plus vite.
Protocole simple sur 8 à 10 semaines :
- Mois 1 : Lors de vos sorties longues, prenez un gel par heure, même si vous n'en ressentez pas le besoin.
- Mois 2 : Augmentez la dose. Essayez de passer à 1,5 ou 2 gels par heure (soit environ 40 à 60g de glucides).
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Dernières semaines : Testez exactement les gels que vous utiliserez le jour J pour vérifier que le goût et la texture vous conviennent toujours après plusieurs heures d'effort.
Focus sur les gels anti-oxydants Mulebar
Les gels anti-oxydants Mulebar sont uniques sur le marché au niveau de leur composition fluide et 100% naturelle donc sans conservateurs ni autres additifs (regardez bien les ingrédients avant d'acheter un gel) et surtout au niveau de leur emballage refermable et réutilisable qui fait toute la différence notamment pour celles et ceux qui trouvent qu'un gel entier d'un seul coup c'est beaucoup trop...et ils ont raison!
L'alternative fait maison : miel et sirop d'Érable et d'agave
Si vous préférez faire vos propres gels maison, ces trois ingrédients sont parfaits.
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Le Miel : C'est l'antioxydant naturel par excellence. Il contient des enzymes qui aident à la digestion et des polyphénols qui protègent vos cellules. De plus, son mélange naturel de sucres est très proche du ratio idéal glucose/fructose.
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Le Sirop d'Érable : Très populaire chez les traileurs canadiens, il apporte du potassium et du zinc. Son goût est très agréable.
- Le sirop d'agave : au goût relativement neutre mais avec un index glycémique très bas donc à libération d'énergie lente.
Mélangez du miel (ou sirop d'érable), une pincée de sel, un peu de jus de citron et un peu d'eau pour la texture. Reste à les conditionner dans une petite fiole en silicone.
Les 5 erreurs fatales à éviter le jour J
- Attendre d'avoir faim ou soif : Quand le signal arrive au cerveau, vos réserves sont déjà dans le rouge. Suivez votre montre, pas vos sensations.
- Prendre un gel avec une boisson isotonique : Trop de sucre d'un coup! Si votre gourde contient déjà du sucre, prenez votre gel avec de l'eau pure uniquement.
- Prendre un Ibuprofène pour les douleurs : Grave erreur. Les anti-inflammatoires augmentent la porosité de votre intestin. Combiné au gel, cela peut causer de graves saignements digestifs.
- Changer de marque le matin de la course : "Oh, mon copain m'a conseillé celui-là, il est génial!". Ne faites jamais ça. Votre ventre ne connaît pas ce produit, il pourrait le rejeter violemment.
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Oublier le sel : Si vous ne faites que manger du sucre, vous risquez l'hyponatrémie (manque de sel). Vérifiez que vos gels contiennent du sodium (sel), surtout s'il fait chaud, vous éviterez ou retarderez l'apparition de crampes.
Le gel antioxydant, votre allié performance
Le gel énergétique antioxydant n'est pas une potion magique, mais c'est un outil de précision. En apportant du sucre pour vos muscles et des protecteurs pour vos cellules, il vous permet de maintenir votre effort plus longtemps et de ne pas finir "détruit" après la ligne d'arrivée.
Le secret du succès? Choisissez un gel de qualité (mélange glucose/fructose), buvez systématiquement de l'eau avec, et surtout, entraînez votre ventre autant que vos jambes durant votre préparation. Bonne course!





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